Dépistage
Le dépistage a un double intérêt
- Traiter et guérir plus de patients
- Eviter d’autres contaminations
Une hépatite B ou C passe inaperçue pour la grande majorité des cas, sinon elle se manifeste par une fatigue, jaunisse, perte d’appétit, douleurs articulaires…
- Traiter et guérir plus de patients : Il est important d’identifier les personnes porteuses chroniques du virus de l’hépatite B ou de l’hépatite C. Beaucoup d’entre elles ne présentent aucun symptôme pendant des années, alors que le virus continue à se multiplier et à induire des lésions dans le foie… jusqu’à un stade de complications parfois graves qui se manifesteront tardivement. Par un dépistage, on peut détecter très tôt la maladie pour la traiter à un stade précoce, augmentant ainsi les chances de guérison ou de stabilisation de la maladie. Le dépistage permet de guérir plus de malades.
- Eviter d’autres contaminations : Identifier les personnes porteuses de ces virus pour qu’elles prennent des dispositions évitant ainsi de contaminer d’autres personnes.
Le dépistage s’effectue par une simple prise de sang, avec recherche de l’antigène HBs pour l’hépatite B et d’anticorps anti-VHC pour l’hépatite C. Ces examens sont remboursés par l’assurance maladie. Si l’antigène HBs ou les anticorps anti-VHC sont présents, il faudra par la suite rechercher la présence du virus de l’hépatite B ou de l’hépatite C dans le sang.
Chaque année, les experts estiment qu’en France plus de 3 900 personnes décèdent des conséquences d’une cirrhose ou d’un cancer du foie liés à un virus de l’hépatite. C’est pourquoi il est important que les personnes contaminées par un virus de l’hépatite soient dépistées et prises en charge.
10 bonnes raisons de se faire dépister
Comment savoir si l’on peut être atteint d’hépatite B ou C ?
- J’ai été transfusé avant 1992
- J’ai essayé des drogues, même il y a longtemps, soit par sniff, soit par injection, ou j’ai partagé du petit matériel d’injection
- J’ai eu une opération chirurgicale majeure
- J’ai été hospitalisé pour des soins lourds
- Ma mère est porteuse du virus de l’hépatite B ou C
- Mon (ma) partenaire est porteur du virus de l’hépatite B ou C
- Un des membres de ma famille proche est porteur du virus de l’hépatite B ou C
- J’ai eu des examens médicaux transcutanés ou recours à l’acupuncture
- Je me suis fait faire un piercing ou un tatouage
- J’ai été incarcéré à un moment de ma vie
Une seule réponse positive suffit pour présenter un risque d’infection par l’un des virus.
FAITES-VOUS DEPISTER!
Nouveauté : gratuité du dépistage des hépatites virales et de la vaccination dans les Centres de soins en addictologie.
Chacun peut se faire dépister dans un centre de dépistage anonyme et gratuit. Cette mesure sera complétée en 2008 par des mesures spéciales destinées aux personnes usagers de drogues (injection ou sniff) particulièrement vulnérables aux risques de contamination.
En effet, la loi de financement de la sécurité sociale 2008 prévoit l’anonymat et la gratuité du dépistage des hépatites virales et de la vaccination contre l’hépatite B dans les Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa).
Aujourd’hui les hépatites se soignent
Traitement de l’hépatite B : objectif ralentir l’évolution de la maladie !
L’objectif du traitement est de mettre le virus en sommeil pour arrêter la progression voire diminuer les lésions du foie.
Un des traitements est à base d’interféron injecté par voie sous-cutanée pendant une durée déterminée de plusieurs mois. Un autre type traitement consiste à prendre sur plusieurs années, voire à vie, des comprimés ou gélules tous les jours.
De nouvelles molécules actuellement en développement devraient compléter les traitements disponibles pour combattre le virus de l’hépatite B.
L’hépatite B guérit rarement mais les traitements permettent de ralentir l’évolution de la maladie dans plus de 50 % des cas.
Le vaccin contre l’hépatite B prévient la maladie. Il est recommandé chez les nourrissons et inscrit dans le calendrier vaccinal ainsi que chez les personnes à risque (les personnels soignants par exemple).
Traitement de l’hépatite C : objectif Guérison !
Le traitement de l’hépatite C a pour but d’éliminer ou de neutraliser le virus et permet de stopper la fibrose c'est-à-dire la destruction progressive du foie.
Grâce aux traitements actuels on peut guérir:
- environ 4 cas sur 5, pour certains types de virus
- presque 1 cas sur 2 pour les virus les plus résistants
Le traitement antiviral de l’hépatite C est une association de deux médicaments : l’interféron PEG et la ribavirine pendant six mois à un an. Les traitements des hépatites C sont moins contraignants et les effets secondaires sont mieux gérés.
Il n'existe pas de vaccin contre l’hépatite C
Suivre l’évolution de la maladie
La biopsie permet de connaître avec précision l’état du foie dans une hépatite chronique. Elle donne une information sur l’importance de la fibrose et sur l’activité de la maladie. Cet examen va permettre de déterminer si le traitement s’impose ou non. La biopsie nécessite un séjour hospitalier de 10 à 24 heures et se pratique sous anesthésie locale. La biopsie est prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale.
L’évaluation de l’état du foie au diagnostic et le suivi sont facilités par de nouvelles méthodes. Ce sont des techniques dites non invasives qui permettent d’évaluer la fibrose grâce à une prise d sang ou à une technique dérivée de l’échographie.
Il arrive cependant que ces nouveaux moyens ne permettent pas une interprétation parfaite, et dans ce cas, une biopsie est nécessaire.
« Contrairement au cancer ou au sida, on parle encore trop peu de cette maladie. »
Michel Bonjour, Président de SOS hépatites.
Cette journée nationale Hépatites a pour premier objectif de sensibiliser le grand public. Il faut reconnaître que l’on est encore loin de note objectif et ceci malgré tous nos efforts déployés lors les deux premières éditions de cet événement. Ce sont des maladies dont on parle assez peu.
Or, il est important d’identifier toutes les personnes malades, c’est-à-dire porteuses du virus de l’hépatite B ou C et qui ne le savent pas encore. Ce qui représente environ 200 000 personnes pour l‘hépatite C et autant pour l’hépatite B.
Car on peut être porteur du virus et donc malade et ne souffrir d’aucun symptôme. La découverte de cette maladie se fait souvent de façon fortuite, à l’occasion d’un examen sanguin. Or plus l’hépatite C est diagnostiquée tôt, plus on a de chance d’en guérir grâce à un traitement et un suivi adaptés.
L’autre intérêt de ce dépistage est de pouvoir prendre des mesures pour éviter de transmettre le virus. Dans l’hépatite B, il existe malheureusement beaucoup de contaminations intrafamiliales par ignorance qu’un sujet est porteur du virus.
Enfin, sur les 5 000 nouvelles contaminations annuelles par hépatite C, environ 80 % d’entre elles se font chez des personnes consommant des drogues. Il est très important d’alerter ces personnes sur les conduites à risque. »
Les malades ne doivent pas avoir honte. Cette maladie isole et peut avoir de lourdes conséquences sur la vie familiale, sociale ou professionnelle.
Cela est dû en partie aux traitements. Les médicaments contre l’hépatite C peuvent être très difficiles à supporter, avec des effets indésirables importants sur l’affect. Il arrive que des patients perdent leur travail, connaissent des ruptures familiales. Comme on l’a fait pour d’autres maladies comme le cancer ou le sida, il ne faut plus hésiter à parler des hépatites. Les patients doivent être aidés et soutenus. “
