La Journée Nationale Hépatites 2008

Distinguer le vrai du faux 

« Les hépatites sont des maladies des pays pauvres »

Faux. Les hépatites B et C constituent dans les pays occidentaux et en France en particulier, un vrai problème de santé publique. On estime que dans notre pays environ 500 000 personnes en sont atteintes. Et malheureusement près de la moitié ignore avoir contracté le virus (B ou C). Dans le monde, on estime que 170 millions de personnes sont porteuses chroniques du virus de l’hépatite C, et que 3 à 4 millions de personnes sont infectées chaque année. Environ 9 millions de personnes sont infectées par le virus de l’hépatite C en Europe d’après l’OMS (données de 1999). A noter cependant que la prévalence de l’hépatite B est plus élevée en Afrique et en Asie qu’en Europe et aux Etats-Unis.

 

« Le traitement des hépatites nécessite de se faire opérer »

Faux. Le traitement d’une hépatite chronique B ou C oblige à prendre des médicaments. Une opération chirurgicale est très rarement nécessaire sauf en cas de complication grave d’une hépatite, à savoir un cancer du foie (hépato-carcinome). L’opération peut consister à enlever une partie du foie, ou à réaliser une greffe hépatique.

 

« Il est important de se laver très souvent les mains quand on côtoie une personne souffrant d’une hépatite C »

Faux. Ce virus se transmet essentiellement par voie sanguine. Les autres transmissions se font rarement par voie sexuelle (pratiques traumatiques) ou lors d’une grossesse (de la mère à  l’enfant). Il n’existe absolument aucun risque de contamination en serrant la main d’une personne porteuse du virus HVC, ni en l’embrassant, ni si elle tousse ou éternue. La précaution à prendre est de ne pas utiliser la brosse à dents, ni un rasoir d’une personne porteuse du virus HVC.

 

« Le patient souffrant d’une hépatite doit suivre un régime alimentaire très strict »

Faux. Le foie est fragilisé, mais cela ne signifie pas qu’un régime alimentaire particulier soit nécessaire. Seuls conseils : une consommation d’alcool fortement déconseillée, et des recommandations diététiques si l’on est en surpoids.

Par ailleurs, mieux vaut arrêter la cigarette et la prise de certains médicaments (en dehors de ceux spécifiques aux traitements contre l’hépatite) doit se faire que sur avis médical. Certains produits pharmaceutiques sont contre-indiqués en cas d’hépatite chronique.

 

« Avant d’envisager de tomber enceinte, on recommande à une femme souffrant d’hépatite C de se faire traiter »

Vrai. Le risque de transmission du virus au bébé est inférieur à 5 % et se situerait surtout au moment de l’accouchement. Le traitement contre l’hépatite C est capable de détruire le virus. Aussi conseille-t-on de se faire traiter durant six mois à un an pour tenter de faire disparaître le virus et de guérir. Dans tous les cas, ce traitement diminuera le risque de transmission du virus au bébé. Mais attention, ces médicaments sont contre-indiqués en cas de grossesse.

 

« A l’avenir on devrait de moins en moins pratiquer de biopsies du foie ».

Vrai. Cet examen est utilisé pour évaluer l’importance de la fibrose du foie. La biopsie du foie est de plus en plus remplacée par les tests sériques (prises de sang) et les examens d’élastométrie impulsionnelle (examen par un rayonnement extérieur). Ils ont l’avantage de ne pas être traumatisants et de permettre une analyse plus globale de l’état de santé du foie. Il arrive cependant que ces nouveaux moyens d’exploration ne permettent pas une interprétation parfaite, et dans ce cas, une biopsie du foie qui prélève un minuscule échantillon du tissu hépatique, est alors nécessaire.

 

« Une cirrhose est forcément liée à une consommation d’alcool »

Faux. La cirrhose est une maladie grave du foie qui correspond au stade le plus avancé d’une fibrose. Si une consommation excessive et prolongée d’alcool risque d’entraîner une cirrhose, cette dernière peut avoir d’autres origines. Ainsi, une hépatite chronique d’origine virale B ou C peut évoluer vers une fibrose et à terme vers une cirrhose. Dans ce cas, il existe dans le foie une surproduction de fibres collagènes et/ou une diminution de leur dégradation naturelle. Ces fibres s’accumulent autour des cellules hépatiques qui ont du mal à fonctionner normalement.